En 1560, seuls treize abbés y sont présents[61]. Une Rubrique des définiteurs est promulguée en 1439 pour rappeler les exigences de la vie monacale, les diverses interdictions vestimentaires et alimentaires et la nécessité de dénoncer les pratiques abusives. Ils adoptèrent un strict ascétisme, considéraient l'exercice du travail manuel comme un élément de la règle monastique et rejetaient les revenus féodaux. Il s'agit de domaines ruraux cohérents avec bâtiments d'exploitation et d'habitation regroupant des équipes de convers spécialisés dans une tâche et dépendants d'une abbaye mère[143]. On classe les principaux ordres religieux en moines, ordres mendiants et clercs réguliers. 10. Le Saint-Siège décide dans ces mêmes années d'abolir la pratique commanditaire[63]. Avec le soutien de la papauté, des rois et des évêques, l'ordre prospère et grandit. Les moines blancs utilisent les techniques en vogue dans leurs régions : moulins à roue verticale au nord et à roue horizontale au sud[152]. C'est donc ce répertoire cistercien que l'on peut aujourd'hui entendre dans les abbayes qui comme celles d'Hauterive (OCist) ou d'Aiguebelle (OCSO) ont conservé la tradition grégorienne du chant[77]. Parmi ces donateurs, on compte des personnalités de premier plan tels les rois de France, d'Angleterre, d'Espagne ou du Portugal, le duc de Bourgogne, le comte de Champagne, des évêques et archevêques[50]. Le Chapitre général, dans ces conditions, devient une institution caduque. Ce terme se rapporte à la définition ‘ordre religieux’ car il désigne un ensemble de cérémonies et de prescriptions qui caractérisent une religion. Voir aussi liste des congrégations religieuses. La modération souhaitée par saint Benoît n'est plus visible avec la magnificence des bâtiments de l'ordre. Il protège le carreau et rehausse les couleurs. Ainsi, dès 1120, sur le plan juridique et normatif, l'essentiel de ce qu'est l'ordre repose sur des principes solides et cohérents. Par la connaissance de sa propension au péché le moine se doit d'exercer, comme Dieu, la miséricorde et le charité envers tout homme. L'exemption de la juridiction épiscopale permet à l'ordre de Cîteaux de mettre au point deux institutions qui devaient faire sa force : le système de visites des abbés-pères et le Chapitre général annuel[42]. Il intervient dans la désignation des papes, dont il finit par faire triompher la cause : Innocent II contre Anaclet II, et va même jusqu'à donner des leçons aux souverains pontifes[37]. Dès les premières décennies du XIIe siècle, la vie communautaire est marquée par l'organisation des tâches manuelles qui découle d'une nouvelle conception de l'unité foncière et du rôle de l'entreprise agricole. Bruno le Chartreux, appelé aussi Bruno de Cologne, né à Cologne vers 1030, mort le 6 octobre 1101 à l'ermitage de la Torre, aujourd'hui chartreuse de Serra San Bruno en Calabre, est un saint catholique fondateur de l'ordre des Chartreux. Termes plus larges (3) Femmes et christianisme. C’est le cas de saint Thomas d’Aquin, théologien et philosophe, l’un des plus illustres membres de l’Ordre des prêcheurs du XIII e siècle, docteur de l’Église, auteur de la Somme Théologique. En 1237, l'abbaye de Clairvaux est la première à envoyer de jeunes frères étudier à Paris. Ce Collège des Bernardins est ouvert aux étudiants de l'ensemble de l'ordre[123]. À Cluny, l'agriculture est devenue une activité extérieure[8]. Silence, obéissance, frugalité marquent la vie des frères. La véritable envolée se produit entre 1129 et 1139 et un tel dynamisme suscite bien des problèmes : incorporation de monastères qui gardent un coutumier non conforme à l'esprit de la Charte de Charité, choix d'implantations difficiles, difficultés pour les abbayes-mères de pouvoir effectuer les visites annuelles, danger des prélèvements trop fréquents d'effectifs qui épuisent les abbayes-mères. Le régime était maigre ; jusqu'au XIVe siècle, l'usage des matières grasses était très limité, et la viande et les laitages réservés aux malades. L'eau permet de boire, se laver, évacuer ses déchets[153] et abreuver les troupeaux. À l'époque moderne, la culture humaniste gagne les monastères ce qui provoque l'opposition des principaux tenants de la réforme au XVIIe siècle. Des formes de communication non verbales sont mises en place et, en particulier, un langage par signes[92]. Les vitraux blancs dominent ; moins coûteux, ils correspondent aussi à un usage métaphorique comme certains ornements végétaux[129]. Benoît vers 540. Il réunit les plus influents abbés au Collège des Bernardins en 1494, où sont promulgués les articles réformateurs dits « de Paris ». Les membres sont liés publiquement, ou parfois en privé, par des vœux de pauvreté, de chasteté, et d’obéissance en vue de mener une vie consacrée. Cette transition du bas fourneau vers le haut fourneau s'ébauche notamment à l'abbaye de Rievaulx, où des analyses de laitier ont révélé une teneur en fer exceptionnellement faible pour l'époque, proche de celle obtenue avec un haut fourneau[172],[173]. Plus de deux cents établissements disparaissent avant la fin du XVIIe siècle. La spiritualité cistercienne est en fait aussi vaste que les auteurs qui l'ont bâtie. On sait ainsi que Pontigny peut faire entrer 500 hectolitres hors taxes dans la ville de Troyes, Vaucelle peut en transporter 3 000 en franchise sur l'Oise, Grandselve 2 500 sur la Garonne[146]. Le reste de l'année, et selon les abbayes, même les mercredi et vendredi de la Pentecôte jusqu'au 13 septembre, un unique repas chaud était servi. Les textes sont disponibles sous licence Creative Commons attribution partage à l’identique; d’autres termes peuvent s’appliquer.Voyez les termes d’utilisation pour plus de détails. La spiritualité cistercienne, en accord avec l'idéal de pauvreté en vogue à l'époque, attire de nombreuses vocations, en particulier grâce à l'énergie et au charisme de Bernard de Clairvaux. Il n'y a pas d'écoute vraie sans l'attitude fondamentale d'obéissance (ob-audire) et d'humilité (attitude déjà définie comme caractéristique du moine par le législateur de la vie monastique en Occident et à ce titre inspirateur des Cisterciens : saint Benoît de Nursie). Ses origines familiales et sa formation, ses appuis et ses relations, sa personnalité même, expliquent en grande partie le succès cistercien. », « de nombreux novices et moines vont étudier dans les universités et, d'une façon générale, les religieux s'adonnent beaucoup à la lecture, peut-être parce qu'ils sont désœuvrés, « trahissant un degré non convenable d'insouciance et d'intérêt curieux, « le peuple des campagnes se détourn[e] le premier de l'ordre, qui lui prend la terre, l'expuls[e] des hameaux, Toponyme qui renvoie aux joncs et donc au caractère marécageux du lieu. Au XIIe siècle, les ingénieurs médiévaux mettent aussi au point des moulins à vent à pivot vertical (qui permet de suivre les changements de direction du vent) ou à marée qui sont inconnus dans l'Antiquité ou dans le monde arabe[165]. Les samedis, avant l'office des complies (et donc à la place de la lecture spirituelle des autres jours), avait lieu au cloître la cérémonie du mandatum ou mandé, le lavement des pieds. Mais sous l'impulsion de Bernard de Clairvaux, mû par un idéal d'austérité, un style plus épuré apparaît vers 1140. Elle établit l'égalité entre les monastères de l'ordre. Cet amour est, pour saint Bernard, le seul chemin qui permette d'aimer comme il le faut son prochain puisqu'il permet de l'aimer en Dieu. À la même époque, Aelred, abbé de Rievaulx (Angleterre) écrit sa grande œuvre sur l’Amitié spirituelle[88] ; le souci d'un vrai amour fraternel, concret et authentique, transparaît aussi dans son Miroir de la charité[89]. L'abbé lui donna une pénitence et dit au moine de se rasseoir ; ce fut alors le tour du moine suivant. L'ordre doit le développement considérable qu'il a connu dans la première moitié du XIIe siècle à Bernard de Clairvaux, (1090-1153), le plus célèbre des cisterciens qui peut être considéré comme son maître spirituel[32]. Les maîtres d'œuvre cisterciens doivent concilier les exigences de construction en pierre pour limiter les risques d'incendie, de constructions élevées et lumineuses (en accord avec leur spiritualité), sans augmenter démesurément le coût des chantiers. Cependant, ces directives ne rencontrent que peu d'adhésion de la part des moines et particulièrement des moines de chœur (les chanteurs). Porté par de nombreuses adhésions et donations, mais aussi par une parfaite organisation et une grande maîtrise technique et commerciale dans une Europe en pleine expansion économique, l'ordre devient vite un acteur de premier plan dans tous les secteurs. Mais le résultat est à la hauteur des efforts engagés : le potentiel énergétique de l'abbaye augmente considérablement avec une chute d'eau de 9 mètres[157]. Les horaires des prières et offices étaient fonction de la saison, la règle de Saint-Benoît ne se référant pas aux heures sur l'horloge, mais comptait les heures du jour (à partir du lever du soleil) et de la nuit (à partir du coucher du soleil). Il s'agissait donc, d'une séparation juridique de l'Ordre de Cîteaux : il y a désormais deux ordres cisterciens. En s'acceptant tel qu'il est grâce à cette démarche d'humilité et de travail intérieur, l'homme connaissant sa propre misère devient capable de compatir à celle d'autrui. Étienne Harding a institué, au sommet de l'édifice, le chapitre général comme organe suprême de contrôle. Dans la gamme des ordres religieux, deux tendances générales sont présentes. À l'origine, suivant l'exemple d'Octave Arnolfini, abbé de Châtillon, et d'Étienne Maugier, Denis Largentier introduit une réforme d'une grande austérité à Clairvaux et au sein de ses filiales entre 1615 et 1618. Dès lors le contrôle des eaux devient une priorité pour l'ordre. Là aussi, le portier tenait un rôle de choix, car c'est lui qui accueillit les personnes frappant à la porte, répondant par Deo gratias. Les dimanches et jours de fête, la messe solennelle enchaînait sur tierce ; les autres jours, les moines se remettaient au travail. Au XXe siècle, l'ordre a essaimé largement hors d'Europe. La vallée boisée doit contenir, en de vastes étendues, tous les ingrédients qui répondent aux besoins de la vie monastique, sans se trouver trop loin des axes de circulation[45]. En 1360, les frères de Cîteaux doivent trouver refuge à Dijon. Cherchez ordre religieux et beaucoup d’autres mots dans le dictionnaire de synonymes français de Reverso. Cloches, cymbalum ou maillet appellent les frères à la prière. Avec la croissance économique et démographique, les besoins importants de l'industrie textile, il faut plus de bovins et d'ovins. Il n'est pas une nation catholique, de l'Écosse à la Terre sainte, de la Lituanie et la Transylvanie au Portugal, qui n'ait connu les Cisterciens dans l'un de leurs sept cent soixante-deux monastères[38]. Les moines dormaient sur des paillasses, couverts par un gros drap de laine, et disposaient d'une couverture de laine grosse et velue[109]. Ainsi apparaissent des moulins à foulon qui sont utilisés pour écraser le chanvre, moudre de la moutarde, aiguiser les lames, fouler du lin, du coton ou des draps (dans cette opération importante dans la fabrication des étoffes, le moulin remplace 40 ouvriers foulons)[166]. L'abbé général est installé à Rome. À la fin de la lecture, le repas fut clos. En effet, chaque fois qu'un moine avait enfreint la règle, il devait immédiatement s'accuser devant l'abbé ou la communauté. L'abbaye de Cluny n'aurait pu se développer sans aménager la vallée de la Grosne. Philippe Contamine, Marc Bompaire, Stéphane Lebecq, Jean-Luc Sarrazin. Le prieur remplaçait l'abbé pendant l'absence de ce dernier, par exemple lors du chapitre général dans l'abbaye-mère, avant qu'il ne lui incombât la direction spirituelle de l'abbaye avec l'instauration du régime de la commende à la suite du concordat de Bologne du 18 août 1516. En cas de temps froid, les moines avaient la possibilité de se réchauffer au chauffoir. Certes, le site doit permettre l'isolement conforme à la vie hors du monde ; de plus, les éventuels rapports avec les seigneurs locaux doivent être pris en compte. Le pape Calixte II l'approuve le 23 décembre 1119 à Saulieu. Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. Mais si les deux ordres cisterciens sont actuellement séparés, des liens étroits d'amitié et de collaboration existent entre eux, notamment dans les domaines de la formation et de la réflexion sur leur charisme commun. L'ordre reçoit aussi de nombreuses donations de petites gens comme de puissants. Les moines commencèrent à manger sur un signe de l'abbé et restèrent silencieux pendant toute la durée du repas, qui fut accompagné par une lecture fait par un religieux. Mais l'extraordinaire succès économique de l'ordre au XIIe siècle finit par se retourner contre lui. Les meilleures traductions actuelles de Bernard de Clairvaux : éditions du Cerf, collection Sources chrétiennes. Les moines utilisent pour cela des canalisations en plomb, en terre cuite ou en bois. En 1109, Étienne Harding prend en main les destinées de Cîteaux en succédant à Aubry après la mort de ce dernier. Ce sont des moines vivant en communauté (Les cénobites), dans le silence, le travail intellectuel et manuel, le recueillement, la prière et, particulièrement, la solennité de l'office liturgique célébré dans l'église du monastère aux différentes heures du jour et de la nuit (laudes, prime, tierce, sexte, none, vêpres, complies, nocturnes). Pour les monastères cisterciens qui vivent en relative autarcie, l'usage des carreaux d'argile plutôt que de dallages en pierre ou en marbre s'impose. Pendant son abbatiat, Aubry fait adopter aux moines l'habit de laine écrue contre la robe noire des moines de l'ordre de Cluny, ce qui vaudra aux moines cisterciens le surnom de « moines blancs[28] », parfois aussi de « bénédictins blancs » ou de « Bernardins », du nom de saint Bernard[29], à l'opposé des bénédictins ou « moines noirs ». Puis, devant le Chapitre général en 1618, une proposition de généralisation est présentée puis adoptée. Les Cisterciens précédent les Dominicains sur ces territoires, y assurent la prédication et organisent la répression de l'hérésie. Description de l'article : Flammarion, Paris, 1980. Il n'y avait par ailleurs aucun autre repas avant le premier ou unique repas chaud. Elle est portée par la monétarisation croissante de l'économie depuis l'introduction du denier d'argent par les Carolingiens au VIIIe siècle, qui permet l'introduction de millions de producteurs et de consommateurs dans le circuit commercial[132]. Aux côtés des Cisterciennes officiellement incorporées à l'une ou l'autre des deux branches, nombreuses sont les communautés de femmes, vivant dans une mouvance spirituelle cistercienne, qui se regroupent en ordre ou congrégation : Bernardines d'Esquermes, bernardines d'Oudenaarde, bernardines de Suisse romande. Parmi les mystiques cisterciennes, on peut nommer Béatrice de Nazareth (1200-1268) ou Sainte Julienne du Mont-Cornillon (1191-1254), qui fut l'instigatrice de la fête du saint Sacrement, fête instituée dans l'Église par le pape Urbain IV en 1268. Les débuts du novum monasterium[21], dans des bâtiments de bois entourés d'une nature hostile, sont difficiles pour la communauté. Aubry, confronté à de nombreuses difficultés matérielles, déplace sa communauté deux kilomètres plus au sud, au bord de la Vouge, pour trouver un approvisionnement en eau suffisant[24]. Dès lors qu'ils sont eux-mêmes impliqués dans le travail manuel et qu'ils ont pour idéal de rendre la terre la plus féconde possible, les Cisterciens vont s'ingénier à améliorer les techniques dans toute la mesure du possible. Aux XIIe et XIIIe siècles, la poldérisation à grande échelle du marais poitevin est réalisée par des associations d'abbayes avec la mise sur pied de plans cohérents de drainage[160]. On sait que les moines de Cîteaux furent propriétaires de vignes à Meursault après donation par Eudes Ier de Bourgogne en 1098 (l'année même de leur installation) à leur abbé Robert de Molesme[145]. Ordres monastiques et religieux chrétiens. — Benoît XII, Constitution Benedectina, 1335[57]. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, des critiques virulentes sont énoncées à l'encontre du monachisme. En particulier en Flandre, où on atteint une limite en densité de population, les abbayes cisterciennes réalisent des travaux d'endiguement dans le prolongement de leurs travaux commencés dès le XIe siècle. Chaque abbé doit se rendre chaque année à Cîteaux pour le Chapitre général, organe suprême de gouvernement et de justice, autour de la fête de la Sainte Croix (14 septembre), à la suite desquels des statuts étaient promulgués. Ensuite, le portier devait chercher l'abbé, ou, à défaut, le prieur, pour annoncer la visite ; l'abbé ou le prieur demandait à un moine d'accompagner le portier pour accueillir les hôtes. Les plus connus d’entre eux font souvent l’objet d’une vénération encore très actuelle. Les premiers abbés de Cîteaux avaient trouvé cet équilibre dans la simplicité rustique, dans l'ascèse et le goût de la culture. Chaque grange est exploitée par cinq à vingt frères convers (ce qui est un nombre idéal du point de vue de la gestion car au-delà d'une trentaine de personnes le simple sentiment de faire partie d'un groupe ne suffit plus à motiver toute la main-d'œuvre à la tâche), au besoin aidés d'ouvriers agricoles salariés et saisonniers. Elle fit l'objet de différentes mises au point. Les Cisterciens ouvrent des comptoirs pour écouler leurs marchandises dans toutes les villes où se concentrent les consommateurs (comme Paris ville la plus peuplée d'Occident) et les nœuds commerciaux comme Provins (ou ont lieu les foires de Champagne), Coblence[184]. En entrant au monastère, le moine laisse tout, sa vie est rythmée par la liturgie. Comment expliquer le choix de ces vallées, peu ensoleillées, qui réclament de nécessaires aménagements et parfois un changement d'implantation quand le milieu se montre trop ingrat ? Des fours à verres sont présents dans le temporel des cisterciens dès le XIIIe siècle. Qu'il soit doux sans être léger, qu'il charme l'oreille afin d'émouvoir le cœur, qu'il soulage la tristesse, qu'il calme la colère, qu'il ne vide pas le texte de son sens, mais le féconde, « c'est alors qu'ils seront vraiment moines, lorsqu'ils vivront du travail de leurs mains, à l'exemple de nos pères et des Apôtres », « l'oisiveté est ennemie de l'âme et les frères doivent s'occuper à certains moments par du travail manuel », « On apprend beaucoup plus de choses dans les bois que dans les livres ; les arbres et les rochers vous enseigneront des choses que vous ne sauriez entendre ailleurs », « une vie ritualisée, rythmée […] où chaque action obéissait à des règles formelles bien précises et était accompagnée par des gestes rituels […] ou, lorsque la parole était autorisée, par des phrases rituelles », « Fuyez du milieu de Babylone, fuyez et sauvez vos âmes. Dans ce lieu proche de la vallée de la Saône, à vingt-deux kilomètres au sud de Dijon, il trouve un « désert », couvert de cistels (roseaux)[note 1]. Par son organisation et par son autorité spirituelle, il s'impose dans tout l'Occident, jusque sur ses franges. Destinée à diminuer le corps pour élever l'âme, la mortification prend forme à travers l'ascèse, imposée par le rythme de vie du monastère où la prière occupe la place centrale, laissant complètement de côté le confort et les plaisirs terrestres. Après les nocturnes, les moines ne rentraient point se coucher, mais restaient dans l'abbatiale ou se tenaient au cloître pour prier en silence, réciter des prières, lire ou chanter. P. Contamine, M. Bompaire, S. Lebecq, J.-L. Sarrazin, Voir en particulier l'étude d'une des rares granges médiévales encore en élévation, « La grange de l'abbaye cistercienne de Chaloché (Maine-et-Loire) ou de l'importance de l'étude de la charpente dans l'étude d'un bâtiment médiéval », « Agriculture, des travaux en bonne règle », Au mois d'août, en hiver le débit peut atteindre quatre mètres cubes par seconde, « Comment les Cisterciens inventent l'usine ». La même pratique est utilisée pour la sélection de chevaux qui, plus légers, permettent de travailler des sols bruns dans lesquels le bœuf s'embourbe. Il a des mots très durs pour fustiger les clercs et les prélats qui succombent aux richesses matérielles et au luxe, mais contradictoirement, n'hésite pas à se mettre bien en vue, notamment aux côtés de Louis VII. Son influence se révèle particulièrement forte à l'est de l'Elbe où l'ordre fait « progresser à la fois le christianisme, la civilisation [occidentale] et la mise en valeur des terres[1] ».